Live Life in Pink

Le féminisme, mon eldorado humaniste

Temps de lecture : 4 minutes

Article #32 – Auteur : Victor

Si cela doit vous surprendre que nous donnions en premier lieu dans cette rubrique la parole à un homme, c’est que vous n’avez pas encore saisi toutes les nuances du Cocon Solidaire. Notre association, hautement féminine, compte toutefois sur l’énergie de toutes et tous pour rendre la société plus juste. Découvrez dans cet article la vision du féminisme de notre bénévole Victor.

Live Life in Pink

Je crois que j’ai toujours eu une sensibilité particulière. Né dans une fratrie de 3 fils, j’étais le seul à vouloir jouer aussi avec des barbies et des poupées à coiffer, en plus des Action Man, avec des  Minnie plutôt que Mickey. Dit comme ça, ça parait peut-être dérisoire, mais en grandissant dans un monde d’hommes, j’ai bien vu (bien que mes parents ne me l’aient jamais fait ressentir) tout de même que ce n’étaient pas des jouets pour moi. J’avais en moi une sensibilité qu’on jugerait féminine, alors que j’étais juste un petit garçon comme les autres, qui voulait jouer avec des jeux qui étaient « réservés aux filles ». Enfant j’étais timide, un peu distant et à chercher à me rendre invisible, ce qui m’a permis d’apprendre à regarder le monde, à analyser le comportement des gens.  

Je n’étais pas un enfant très politisé ou très éclairé sur les problèmes de ce monde. Puis j’en ai découvert les monstruosités. Comme le prince Siddhārtha (qui deviendra Bouddha, je me le souhaite aussi ahah) qui découvre la misère du monde en dehors de son château, je commençais à grandir. 

Les crimes écologiques. Je ne pouvais plus rester passif à ce que je venais de découvrir. Ça a changé ma vie, ma façon de voir les choses, mes projets pour l’avenir, ma façon de consommer. J’ai cherché à mieux comprendre, j’ai compris que l’ignorance n’était pas une chose neutre.  

Puis j’ai découvert les violences faites aux animaux, le lien potentiellement direct avec les violences faites aux êtres humains. Comment peut-on traiter comme ça les animaux ? Comment peut-on produire une telle souffrance à des êtres sensibles, au seul motif d’en aimer le goût ?? Ma vie continuait d’être bouleversée, je suis devenu végétarien, avec des tendances véganes quand faire se peut. J’ai cherché à mieux comprendre ce que j’avais dans mon assiette en plus de ce que ça nous apporte, l’importance de ce qu’on mange pour la santé.  

Et puis j’ai découvert cette violence odieuse faite à l’encontre des femmes, ces êtres si proches de moi, c’est ma mère, c’est la sœur que je rêvais d’avoir étant enfant, c’est ma nièce, c’est la moitié de la population humaine. La violence physique, la violence mentale, l’inégalité, l’humiliation, l’esclavagisme moderne, les comportements honteux et quotidiens, les constats sont sans fin. Ma mère, ma mère entourée de 4 hommes a toujours tout fait, elle a arrêté de travailler pendant 10 ans pour nous élever, mes frères et moi. Un travail à temps plein laissé aux femmes et pas reconnu comme tel, l’homme travaille, l’homme rapporte l’argent. J’ai lu, j’ai lu tout ce que je trouvais, comme fasciné par ce problème qui était sous mes yeux depuis toujours et que je ne voyais pas, je le sentais c’est sûr mais je ne le comprenais pas. Une explication à un sentiment de malaise que je ressens depuis tout petit. Le féminisme soulève un problème à mon sens global, celui du patriarcat, le patriarcat ne s’arrête pas au traitement des femmes mais au traitement du monde vivant. On prend ce qu’on veut quand on le veut. Un système de domination sur le plus faible que ce soit une femme, un homme à la sensibilité non viriliste, un animal, une ressource naturelle.  

Je fouille dans le féminisme pour trouver les outils d’un nouveau paradigme. Le féminisme est souvent inclusif des mouvements LGBTQI+, de l’écologie, du social parce qu’il comprend fondamentalement cette domination qu’exerce la société patriarcale actuelle. L’éco féminisme. Un mouvement englobant, un mouvement de renaissance. Je ne suis pas une femme mais le mot sororité me touche énormément, j’ai perdu toute foi dans la fraternité, ce mot tellement vidé de sa substance. Qu’a-t-on fait, en se disant fraternel, de notre semblable, des guerres, des viols, le saccage de notre planète, la banalisation d’une certaine violence…?  

Je cherche dans ce mot, sororité, les bases d’un monde solidaire, bienveillant, sûr. Je ne veux pas d’un monde où les femmes vivent dans la peur quotidienne. Je ne veux pas d’un monde où le vivant serait une proie pour des personnes qui ne respectent rien au sacré. J’essaye de déconstruire mon éducation, pas pour être un homme déconstruit comme je peux le lire régulièrement mais pour être un homme, au contraire, solidement construit de principes humanistes et respectueux du vivant.  

Je profite de cette tribune pour inciter à un acte citoyen , je ne veux pas vous convaincre de quoi que ce soit mais nous vivons une période importante, avec une élection qui arrive et qui peut potentiellement commencer à changer les paradigmes de notre société. Nos actions de tous les jours sont bien peu de choses sans une politique humaniste et écologiste sérieuse.  

J’entends souvent qu’être un féministe c’est vouloir l’égalité des hommes et des femmes. C’est peut-être vrai mais à mon sens, être féministe c’est être acteur du changement en commençant par soi-même, « bien vouloir vous donner l’égalité » n’est pas suffisant, l’homme doit changer, il le faut ! 

Je ne peux m’empêcher d’avoir une pensée pour ma mère à qui nous n’avons vraiment pas rendu la vie facile et qui a tant fait pour nous. Je suis heureux que le féminisme m’ait fait réaliser que je pouvais être un soutien pour elle plutôt qu’une charge. 

Féministement vôtre, 

Victor

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