En 2025, 86 % des Canadiens effectuent au moins une transaction en ligne, pour une dépense moyenne de 3 116 $ par an. La vie numérique au Canada redessine en profondeur la façon dont les Canadiens se divertissent, font leurs courses et règlent leurs achats. Loisirs, paiements, sécurité : voici ce que les données récentes révèlent sur cette transformation.
💡 Ce qu’il faut retenir
86 % des Canadiens achètent en ligne = 3 116 $/an en moyenne
🛍️ Vêtements en tête, voyages en valeur
64 % achètent des vêtements en ligne, mais les voyages représentent la dépense moyenne la plus élevée avec 1 844 $/an.
💳 Le sans contact domine les paiements
Carte de crédit (43 %) et débit (42 %) sans contact sont les modes de paiement les plus utilisés au Canada.
🔒 La sécurité freine les nouvelles technologies
IA, commerce social et paiement bancaire direct peinent à convaincre, principalement par crainte de la fraude et des données personnelles.
La vie numérique s’est imposée dans le quotidien des Canadiens
La pandémie a agi comme un accélérateur durable. 50 % des Canadiens déclarent faire davantage leurs achats en ligne qu’avant, et 38 % ont intensifié leur utilisation des services bancaires en ligne. Ces habitudes ne sont pas ponctuelles : elles se sont installées dans la durée, y compris chez les seniors des zones urbaines qui adoptent progressivement ce mode de consommation. Parmi les loisirs numériques, le streaming, les jeux en ligne et les réseaux sociaux occupent une place croissante dans le quotidien des ménages canadiens. Certains utilisateurs, notamment les amateurs de divertissements en ligne, s’intéressent aussi aux plateformes de jeux d’argent, comme en témoigne l’essor du casino en ligne avec PayPal au Canada, qui illustre bien comment les habitudes de paiement numériques s’étendent à des secteurs variés.
Le Canada compte aujourd’hui 30 millions d’acheteurs en ligne, soit 11,9 % du commerce de détail total. Un chiffre qui progresse d’année en année.
Un paradoxe mérite d’être mentionné : 56 % des Canadiens affirment dépenser moins globalement, alors que les achats numériques continuent de croître. Il s’agit en réalité d’un transfert, les dépenses physiques migrent vers le numérique sans nécessairement augmenter en volume total.
Que font les Canadiens en ligne et dans quelles catégories dépensent-ils le plus ?
Les habitudes d’achat en ligne des Canadiens varient fortement selon les catégories de produits, tant en popularité qu’en montants engagés. Le tableau ci-dessous donne une vue d’ensemble claire des dépenses par secteur.
| Catégorie | Part des acheteurs | Dépense moyenne/an |
|---|---|---|
| Vêtements, bijoux, accessoires | 64 % | 547 $ |
| Électronique | 43 % | 714 $ |
| Musique, films, logiciels | 36 % | 128 $ |
| Voyages | 28 % | 1 844 $ |
| Épicerie en ligne | 22 % | 283 $ |
Les catégories d’achats qui dominent
Les vêtements et accessoires mobilisent la plus grande part des acheteurs (64 %), mais c’est le secteur des voyages réservés en ligne qui génère les dépenses les plus élevées avec 1 844 $ par an en moyenne, billets d’avion, hébergement et location de voiture inclus.
L’épicerie en ligne au Canada reste à 22 % d’adoption, mais sa trajectoire est nette. Sa croissance anticipée dépasse les 3,6 milliards de dollars. Le secteur, présent depuis vingt ans dans les grandes villes, s’étend désormais vers les banlieues. Son profil utilisateur a lui aussi évolué : d’abord centré sur les jeunes hommes urbains, il attire aujourd’hui davantage de femmes en banlieue.
Mobile, livraison et achats à l’étranger
Le mobile et l’ordinateur se partagent les commandes à parts égales, soit 46 % chacun. Les deux canaux coexistent selon les contextes d’utilisation, sans que l’un n’ait vraiment pris le dessus sur l’autre.
Côté logistique, 79 % des Canadiens préfèrent la livraison à domicile, et 69 % exigent de connaître les frais de livraison avant de valider leur commande. Un manque de transparence sur ce point suffit souvent à provoquer l’abandon du panier.
Les achats transfrontaliers concernent 55 % des acheteurs, avec une forte orientation vers les États-Unis (65 %), la Chine (50 %) et le Royaume-Uni (14 %). Ces commandes sont généralement de valeur élevée : 47 % dépassent les 70 $.
Quels sont les moyens de paiement préférés des Canadiens en ligne ?
Le paiement sans contact s’est installé comme réflexe courant. La carte de crédit sans contact est plébiscitée par 43 % des Canadiens, la carte de débit sans contact par 42 %. Pour 42 % des consommateurs, ce changement est durable : leurs préférences ont évolué en faveur des options numériques depuis la pandémie, et 32 % évitent désormais les commerces qui ne proposent pas le paiement sans contact.
L’argent comptant recule, sans disparaître. 57 % des Canadiens utilisent moins d’espèces qu’avant, mais les personnes âgées, les ménages à faibles revenus et ceux avec un accès limité au crédit en dépendent encore. La Banque du Canada maintient son engagement de produire et distribuer des billets, notamment comme solution de secours en cas de panne des systèmes électroniques.
Les transferts électroniques progressent régulièrement : 28 % des Canadiens les utilisent davantage, contre 25 % six mois auparavant. Les applications mobiles de paiement représentent encore environ 5 % des transactions, mais leur courbe est orientée à la hausse.
Les nouvelles technologies de paiement séduisent-elles vraiment les Canadiens ?
Trois innovations en matière de paiement numérique sont sur le radar des consommateurs canadiens, avec des réceptions très différentes selon les profils et les générations.
L’intelligence artificielle générative divise presque à égalité : 43 % s’y intéressent, 44 % non. L’usage qui convainc le plus est la détection de fraude (45 % le jugent avantageux), loin devant les recommandations personnalisées ou les assistants virtuels. La fracture générationnelle est marquée : 56 % des 18-34 ans sont ouverts à l’IA contre seulement 31 % des 55 ans et plus.
Le commerce social, soit l’achat direct sur Instagram, TikTok ou Pinterest sans quitter la plateforme, reste peu adopté. Seulement 13 % des Canadiens l’ont utilisé. Le frein est clair : 48 % des réticents mentionnent la sécurité comme raison principale de leur refus.
Le paiement bancaire direct (compte à compte, sans carte intermédiaire) intéresse 29 % des Canadiens. Les profils les plus réceptifs sont les nouveaux arrivants au Canada (53 %) et les travailleurs à la demande (47 %), des personnes souvent habituées à des systèmes équivalents ou en quête de flexibilité financière. Un levier d’adoption existe : 60 % des Canadiens seraient plus enclins à l’utiliser avec des remises ou des points de fidélité.
Les clés d’accès biométriques (passkeys), qui remplacent les mots de passe par une authentification biométrique, trouvent 50 % de Canadiens favorables. Seuls 16 % les jugent complexes, ce qui laisse un terrain propice à leur diffusion progressive.
Comment protéger ses paiements et sa vie numérique au Canada ?
La sécurité des paiements en ligne reste la préoccupation première des Canadiens, et c’est elle qui freine l’adoption de la plupart des innovations décrites ci-dessus. Quelques pratiques concrètes permettent de réduire l’essentiel des risques sans expertise technique.
- Activer l’authentification multifactorielle sur tous les comptes en ligne, en priorité les services bancaires et les plateformes d’achat
- Passer progressivement aux clés d’accès biométriques pour remplacer les mots de passe là où la technologie est proposée
- Repérer les tentatives d’hameçonnage en vérifiant l’adresse de l’expéditeur et en évitant tout lien dans un courriel non sollicité
- Sécuriser le réseau domestique via un VPN sur les connexions Wi-Fi publiques, notamment en contexte de travail à distance
- Vérifier l’identité des vendeurs avant tout achat réalisé sur une plateforme de médias sociaux
Ces réflexes s’intègrent facilement dans une routine numérique et couvrent la grande majorité des risques auxquels les consommateurs canadiens sont exposés au quotidien.
